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Message par Bloodhomen le Jeu 25 Mar - 4:09

Interview de Tim Burton par la magazine Version Fémina:

- Vous nous offrez votre propre vision d’Alice. Ici, elle a 19 ans. Pourquoi cet âge?

Il existe une 20aine de version du livre de Lewis Carroll qui, à mes yeux, présentent toutes le même défaut: elles sont trop proches du roman. Alice apparait comme une petite chose sans personnalité, errant au milieu d’êtres bizarres. Alice était une petite fille, mais avec une vieille âme. C’était comme ci elle tentait de trouver sa place dans la société et que, pour y parvenir, elle utilisait le lapin. Ce que j’aime dans le scénario de Linda Woolverton, c’est qu’elle n’a pas essayé de coller au livre mais qu’elle a utilisé Alice et tout les personnages dans l’ambiance imaginée par l’auteur. Ils nous aident à visualiser la ligne entre le réel et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est féérique et la vraie vie. Alice est une jeune fille qui ne semble pas vraiment avoir sa place dans la société victorienne. Elle intériorise beaucoup. Dans le film son présents la Reine Rouge et la Reine Blanche, le Lièvre de Mars et le Lapin Blanc - les personnages emblématiques que nous savions devoir nécessairement faire figurer. Et à partir de la, nous nous sommes dit: « Voyons où va nous entrainer cette histoire… ».

- C’est-ce qui vous a séduit dans cette version?

J’aime que ce soit un voyage personnel. On y parle de ce qui est le plus important dans la vie, de ce moment où l’on fait un choix crucial. Peut-être que cela arrive à tout le monde; peut-être que non. Il se peut qu’il y ait une fois ou deux dans la vie où l’on apprend quelque chose et où l’on grandit en tant qu’être humain. Et quand on vit cette évolution, cette croissance personnelle, c’est quelque chose de stupéfiant, de très fort. On se réconcilie alors avec ce que l’on est, on devient réellement la personne que l’on doit être. Cela peut paraitre léger, mais c’est très important.

- Pourquoi avez-vous choisi Mia Wasikowska pour jouer Alice?

Elle est à la fois jeune et très âgée, elle a les pieds sur terre, alors que d’autres jeunes de son âge se dispersent facilement. Nous pensions que cette sagesse était très importante pour Alice telle que nous l’imaginions. Il y a toujours eu une légère passivité chez Alice, depuis les livres originaux. Nous voulions cependant d’avantage une force tranquille que de la passivité, et Mia possède cette force calme. J’ai adoré cette gravité et cette sagesse qu’elle a, cette maturité qui n’est pas de son âge. C’est une qualité que j’ai toujours aimé sentir chez les gens. Cela se perçoit tout de suite dans leur regard, et nous avions besoin d’une personne capable de produire cet effet. Elle a été formidable. Ce sera probablement le film le plus abstrait de toute ma carrière - du moins je l’espère !

- Est-il difficile de diriger des acteurs dont on est proche comme Johnny Depp, votre ami, et Helena Bonham Carter, votre compagne?

Ils sont tout les deux supers parce que vifs et pas vaniteux. On a changé la taille de leur tête et de leurs yeux… Mais c’était toujours eux avec leur incroyable talent. Johnny, avec lequel j’ai travaillé à de nombreuses reprises, est une nouveau personnage chaque fois. La, c’est le Chapelier Fou. Nous avions tout deux envie de faire ce voyage bizarre qu’est Alice au Pays des Merveilles. De même pour Helena qui joue la Reine Rouge.

- Johnny Depp vous surprend t-il encore ?

C’est le but ! Nous n’avons jamais travaillé tout les deux simplement parce que l’on se connait depuis 20 ans. Il est essentiel, surtout après toutes ces années, de conserver un esprit artistique vivace et ce goût des défis. A chaque nouvelle aventure, le challenge est plus important et Johnny se surpasse.

- Votre vision du monde est assez pessimiste. L’êtes-vous aussi dans la vie?

Non, ma vision d’Alice est plutôt positive. Elle traverse des moments mystiques mais, à la fin, elle trouve qui elle est et sa place dans la vie. Il y a une certaine force et quelque chose d’optimiste dans son voyage car elle s’en sort.

- Vous vivez dans le réel ou dans un monde imaginaire?

Je ne sais même pas ce que cela veut dire ! C’est pour cette raison que le livre de Lewis Carroll est si intelligent. Il nous montre que les rêves, la féérie et la réalité sont une seule et même chose. C’est toute la beauté de son ouvrage.

- Vous avez travaillé chez Disney à vos débuts. Cela vous a aidé pour réalisé ce film ?

Peut-être, je ne sais pas. Aujourd’hui, je suis metteur en scène alors que, à l’époque, je créais seulement des scènes et je dessinais. C’était une période intense sur le plan de la création et qui m’a certainement aidé à devenir celui que je suis.

- Pourquoi avoir choisi la 3D?

La 3D n’est pas une mode, elle va durer. Cela ne veut pas dire que tous les films seront tournés ainsi. Mais cela me semblait parfait pour Alice, en raison du sujet - les personnages qui rapetissent et grandissent, les endroits très particuliers que découvre Alice. Nous avons essayé de donner l’impression que la 3D est un élément du pays des merveilles. Nous avons voulu unir la forme et le fond. Evidemment, il faut que ces films fonctionnent en 3D, mais il faut aussi qu’on puisse les visionner en 2D, et surtout qu’on ait envie de les voir tout court!

- Vous aviez dit qu’ « Edward aux mains d’argent » était votre film le plus autobiographique. Est-ce « Alice » désormais?

Je m’investis de la même façon dans tous mes projets. Pour moi, Edward et Alice se ressemblent. Quoique l’on fasse, on s’investit à fond. Dans le cas d’Alice, je me sentais prêt parce que j’ai vraiment compris cette fille qui n’en finit pas d’explorer le monde du rêve, de la féerie et de la réalité.

- Vous serez le président du 63ème Festival de Cannes en mai…

Je suis très exalté par ce projet. C’est un rêve parce que vous êtes à des années-lumière de penser que ça peut vous arriver un jour. Je suis allé plusieurs fois au Festival et je suis très impatient d’y retourner cette année.

- Comment envisagez-vous ce rôle?

Je veux juste être ouvert et savourer un maximum de films. Le but, c’est de voir des longs métrages et de découvrir des gens du monde entier qui racontent des histoires. Je veux regarder les films sans la pression de l’argent ou d’Hollywood. C’est la beauté et l’essence même du cinéma d’être ouvert à de nouvelles choses.

- Vous qui aimez la discrétion, cette surexposition sera-t-elle difficile à vivre?

Je sais ce que cela implique, alors je ne serai pas surpris. La première fois que je suis allé à Cannes, j’étais un peu choqué mais maintenant, j’ai compris. Ce sera plus facile pour moi car je sais exactement comment cela va se passer.

- Vos enfants ont-ils vu « Alice »?

Ma petite fille a seulement 2 ans, mais je sais qu’elle aime les monstres. Elle-même est un sacré petit monstre ! Quand à mon fils, qui a 6 ans, il va y aller. Ce sera intéressant de voir sa réaction. Il sera assis entre Helena et moi et j’espère qu’il s’amusera.

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